Tuesday, February 2, 2016

CONTRO­VERSE HASSAN ROHANI REÇU À PARIS : GROS CONTRATS AVEC UN « BOUR­REAU DE LA LIBERTÉ »




La visite offi­cielle du chef de l'État Iranien en France a reçu deux styles d'accueil bien diffé­rents : fastueux et hono­ri­fique du côté du Medef et de l'Elysée, tota­le­ment glacial dans les rues.
C’était l’évé­ne­ment diplo­ma­tique majeur de la jour­née d’hier. Le président iranien Hassan Rohani était en visite à Paris. Une occa­sion unique de scel­ler la récon­ci­lia­tion avec l’Iran, mais aussi d’ac­tion­ner le levier à gros sous pour la France. Un double enjeu donc, qui a valu une arri­vée en grande pompe pour Rohani, le gouver­ne­ment déployant le tapis rouge pour lui. Il a ainsi reçu les honneurs de la Répu­blique et s’est d’abord rendu au siège du Medef, escorté par les cheva­liers de la Garde Répu­bli­caine, rien que ça ! « Oublions les rancoeurs. Nous sommes prêts à tour­ner la page pour de nouvelles rela­tions entre nos deux pays », a-t-il exhorté, devant les repré­sen­tants des grandes entre­prises françaises et le premier Ministre, Manuel Valls. Ce dernier a alors renvoyé l’as­cen­seur en affir­mant que La France était « prête à mobi­li­ser ses entre­prises pour contri­buer à la moder­ni­sa­tion » de l’Iran. 
Un rappro­che­ment et une histoire de contrats…
Cette première rencontre, qui a animé la mati­née, a permis la signa­ture d’une série d’ac­cords finan­ciers : Peugeot-Citroën va notam­ment reve­nir dans le pays et la SNCF va égale­ment y inves­tir. Dans cette même logique de parte­na­riats écono­miques, Hassan Rohani a ensuite été reçu à l’Ely­sée par François Hollande. Il a alors été ques­tion du plus gros contrat, à savoir la vente de 118 Airbus flam­bants neuf à la Répu­blique isla­mique, pour la somme de 23 milliards d’eu­ros. Un accord pas vrai­ment défi­ni­tif, mais encore au stade du proto­cole, en raison de la levée seule­ment partielle des sanc­tions visant l’Iran. Une bonne affaire néan­moins, qui a valu au titre du groupe d’aé­ro­nau­tique français de s’en­vo­ler en bourse et de placer celui-ci en tête du CAC 40 ce matin.
Si l’éco­no­mie a dicté cette visite, la diplo­ma­tie a égale­ment été au cœur des discus­sions. L’Iran vient tout juste de sortir de plusieurs décen­nies d’iso­le­ment grâce au récent accord sur le nucléaire et peut désor­mais s’ou­vrir aux indus­triels occi­den­taux. De fait, La France voulait figu­rer rapi­de­ment parmi ses prin­ci­paux parte­naires. Lors de leur confé­rence de presse commune, François Holande a emboité le pas d’Has­san Rohani en souli­gnant qu’il s’agis­sait d’un « nouveau chapitre » des rela­tions entre les deux pays. Néan­moins, ils se sont oppo­sés sur la ques­tion syrienne. Quant à celle du respect des droits de l’homme, à laquelle l’Ely­sée s’est redit parti­cu­liè­re­ment atta­ché, elle a réveillé la colère des oppo­sants à Rohani.
 Les défen­seurs des droits de l’Homme scan­da­li­sés
En marge de sa visite, plusieurs mani­fes­ta­tions et actions de contes­ta­tion ont eu lieu dans la capi­tale. Des centaines de personnes, munies de drapeaux vert-blanc-rouge et de bande­roles, se sont rassem­blées sur la place Denfert-Roche­reau. Parmi elles, de nombreux iraniens exilés qui enragent de voir la France ouvrir ses portes à celui qu’ils traitent de mollah. Ils ont surtout dénoncé les exécu­tions orches­trées par l’Etat iranien ces dernières années. Pour appor­ter plus de symbo­lique à leurs reven­di­ca­tions, certains étaient habillés en jaune et avaient atta­ché une corde autour de leur cou. D’autres ont piétiné de grandes affiches sur lesquelles figu­rait le portrait d’Has­san Rohani. Afchine Alavi, membre du conseil natio­nal de la résis­tance iranienne, a rappelé au micro de France 3 : « Plus de  2 200 personnes ont été exécu­tées en deux ans et demi. C’est un record depuis 25 ans ». Dans le cortège figu­raient en outre plusieurs repré­sen­tants poli­tiques français, notam­ment l’an­cienne secré­taire d’Etat Rama Yade et le député écolo­giste José Bové.

Une autre mise en scène dénon­cia­trice et parti­cu­liè­re­ment forte a été mise en place par les acti­vistes du très média­tique groupe Femen. L’une des mili­tantes a simulé une pendai­son au-dessus de la Seine, en face de la Tour Eiffel, en se suspen­dant à la passe­relle Debilly, avec une bande­role écrite en couleur rouge sang acerbe vis-à-vis du chef d’Etat iranien : « Bien­ve­nue Rohani, bour­reau de la liberté ». De la même façon que les mani­fes­tants de Denfert-Roche­reau, les fémi­nistes enten­daient inter­pel­ler touristes et pari­siens sur les mises à mort et empri­son­ne­ments qui touchent surtout les homo­sexuels, les poètes et les progres­sistes. Sur Twit­ter, la mili­tante Inna Shev­chenko a ironisé en expliquant : « nous voulions juste que Rohani se sente comme à la maison ». La police est inter­ve­nue au bout d’un quart d’heure pour mettre fin à cette action. Comme le signale par ailleurs Amnesty Inter­na­tio­nal, Téhé­ran figure parmi les puis­sances inter­na­tio­nales qui exécutent le plus de mineurs.

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