Tuesday, February 2, 2016

Éditorial. Écoutons le peuple iranien

  • Lors de la venue du président iranien en France, des centaines de personnes ont manifesté contre la peine de mort en Iran.
    Lors de la venue du président iranien en France, des centaines de personnes ont manifesté contre la peine de mort en Iran. | AFP

La venue du Président iranien en France s'est conclue par de nombreux contrats industriels mais aussi par un silence assourdissant sur la question des Droits de l'homme.

Pourtant, en Iran, la peine de mort est pratiquée à grande échelle pour maintenir les Iraniens dans la terreur d'une dictature théocratique.
Dans ce pays, même des mineurs sont exécutés. Ils sont comptés parmi le millier de personnes ayant subi cette atrocité en 2015 : « Un record depuis 1989, dénonce la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH). La justice continue de condamner des personnes à des traitements inhumains... » Amputations, torture, procès sans avocat sont monnaie courante. Des journalistes, des blogueurs, des opposants sont emprisonnés.
En Iran, régi par la loi islamique - la sharia - les femmes sont privées de liberté jusque dans leur manière de s'habiller ! Il n'y a ni liberté de conscience ni de religion. Quitter l'Islam pour une autre religion est passible de mort. Les minorités ethniques et religieuses, dont chrétienne, sont persécutées.
La Fédération des Droits de l'Homme a demandé au Président de la République de « ne pas sacrifier les droits de l'homme au profit du rapprochement économique entre les deux pays. » Le pouvoir politique dit qu'il est plus efficace d'en parler en tête-à-tête. Mais, la France, en décorant le Président Iranien des honneurs militaires, a brouillé le message. Tout comme l'Italie qui a été jusqu'à coffrer des statues romaines pour ne pas heurter la « sensibilité » de leur hôte !
La France et l'Italie qui se sont tristement distinguées, sont toutes deux en mauvaise posture économique, contrairement à l'Allemagne et à l'Angleterre. Est-ce pour éviter les réformes qui s'imposent que l'on se prête à ces jeux économico-diplomatiques dangereux ?
C'était pourtant « l'occasion pour les démocrates français de rappeler que les châtiments barbares appartiennent à une époque révolue. Que leur abolition doit être un préalable à toute discussion avec les pays qui les pratiquent. La société civile en Iran et l'opposition démocratique de ces pays ont le regard tourné vers la France ». (1)
Croire que le pouvoir tyrannique iranien est là pour toujours, c'est aller un peu vite en besogne. Le peuple a soif de liberté. Le pouvoir en a peur : « Si nous autorisions chaque citoyen à proclamer ses croyances personnelles, on se retrouverait vite plongé dans l'anarchie et notre système s'effondrerait », disait une autorité iranienne à une chrétienne emprisonnée (2).
Miser sur une dictature théocratique, c'est faire fi de la volonté de ce peuple éduqué, cultivé, issu d'une grande Civilisation qui se libérera un jour ou l'autre de cette oppression.
Mettre les Droits de l'Homme sous le boisseau pour obtenir des contrats, c'est déserter notre devoir démocratique. Or, depuis Churchill, on sait bien que le déshonneur n'achète ni la paix ni la prospérité.
(1) « L'Iran progresse-t-il vraiment ? » Jean Pierre Michel in Libération 26 janvier 2016.
(2) « Captives en Iran » - Maryam Rostampour et Marzyeh Amirizadeh

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